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La MLS : un championnat bientôt XXL ?

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La MLS monte en puissance et attire de grands joueurs. Le soccer devient une force majeure aux États-Unis.

Au pays du soccer, le ballon rond prend de l’ampleur. Depuis sa première édition en 1996, la MLS (Major League Soccer) est devenue un championnat attractif. Entre une puissance économique croissante, un engouement du public grandissant et des infrastructures de très haut niveau, la MLS a-t-elle les atouts pour devenir la nouvelle superpuissance footballistique ?

Un championnat made in USA, ça donne quoi ?

La particularité de la MLS, c’est qu’elle est construite sur le modèle des autres sports « US », comme la NBA ou la NHL. On ne parle pas d’équipe mais de « franchise ». Actuellement, après plusieurs processus d’extension (ajout de clubs dans le championnat), la ligue compte 30 franchises, dont 27 sur le sol américain et trois au Canada.

Ces franchises sont réparties, selon leur localisation, en deux conférences : une à l’Est et l’autre à l’Ouest. Précision importante : il s’agit d’une ligue fermée, c’est-à-dire qu’il n’y a pas de montées ou de descentes à l’issue de la saison, contrairement aux championnats européens.

Le championnat se déroule entre février et novembre et se divise en deux phases. Tout d’abord, la saison régulière, composée de 34 matchs, détermine le classement. Ensuite, à l’issue de cette saison, les six meilleures équipes de chaque conférence participent aux séries éliminatoires (ou « playoffs »), avec pour objectif de se qualifier pour la finale : la Coupe MLS. Le vainqueur de cette finale remporte le championnat de la MLS.

Le soccer, c’est l’Amérique !

Si la MLS a vu le jour à la fin des années 90, c’est pour une raison précise : en 1994, la quinzième Coupe du Monde de Football de la FIFA a eu lieu aux États-Unis. Mais la FIFA a posé comme condition ultime à l’organisation de la compétition la mise en place d’un championnat professionnel national.

La MLS est née. Avec l’apparition de ce nouveau championnat, les spectateurs sont curieux. Lors de la première saison de la MLS, près de 2,8 millions de personnes se déplacent au stade, soit une affluence moyenne de 17 406 supporters par match.

L’intérêt de la population nord-américaine pour le soccer ne cesse de croître au fil des décennies. En 2024, près de 11,5 millions de personnes ont assisté à un match. L’affluence continue d’augmenter, avec une moyenne de 23 234 supporters par stade. Cet engouement pour le « soccer » se reflète également dans l’évolution du nombre de licenciés.

La pratique du soccer s’est considérablement démocratisée aux États-Unis ces dernières années, notamment dès l’adolescence. Selon la National Federation of State High School Associations, le football est aujourd’hui la quatrième discipline la plus pratiquée dans les collèges et lycées, après l’athlétisme, le basketball et le football américain, contre la onzième position au début des années 1970.

En 2010, la Fédération américaine comptait plus de 4 millions de licenciés, hommes et femmes confondus, plaçant ainsi les États-Unis en deuxième position parmi les fédérations de football ayant le plus d’adhérents, juste derrière l’Allemagne (6 millions).

Show must go on !

L’ancêtre de la MLS, la NASL (North American Soccer League), avait réussi à attirer Edson Arantes do Nascimento, dit Pelé. En 1975, les New York Cosmos ont réalisé ce que beaucoup considèrent comme le « transfert du siècle ». Ils ont recruté Pelé, l’un des plus grands footballeurs de tous les temps, pour les deux dernières années de sa carrière. Cet événement a considérablement accru la popularité du football aux États-Unis.

Un coup de projecteur exceptionnel pour le football nord-américain à l’époque. Depuis, chaque franchise cherche à attirer le joueur capable de la faire évoluer sur les plans médiatique et économique.

Nouveau coup de projecteur en 2007 avec la signature de l’Anglais David Beckham. Ce dernier quitte le Real Madrid à 32 ans pour un contrat mirobolant offert par la franchise des Los Angeles Galaxy.

À sa manière, David Beckham devient un pionnier. Depuis, finir sa carrière en MLS est devenu chose courante pour de grandes stars du football européen. Beckham est imité quelques années plus tard par Thierry Henry, Andrea Pirlo, Zlatan Ibrahimović, Wayne Rooney ou encore David Villa. Certes, ces joueurs n’étaient plus à l’apogée de leur carrière, mais ils ont permis de mettre en lumière la MLS, devenant ainsi des ambassadeurs planétaires de ce championnat.

Mais évidemment, cet argument ne s’applique pas au meilleur joueur de tous les temps. L’arrivée de Lionel Messi à l’Inter Miami, la franchise d’un certain David Beckham, en 2023, est le plus grand coup réalisé par la MLS. Une bénédiction financière et l’assurance de valoriser la marque « MLS » à l’international.

Aux États-Unis, le sport est avant tout un produit marketing. Cette approche culturelle diffère de celle du Vieux Continent. Elle offre aux clubs de MLS une plus grande flexibilité dans le développement de leurs partenariats commerciaux. L’exemple récent de la pépite argentine Thiago Almada en est sans doute le plus marquant.

En 2022, il rejoint Atlanta United malgré l’intérêt de Manchester City et du FC Barcelone. Aux États-Unis, le sport est avant tout un produit marketing. Cette approche culturelle diffère de celle du Vieux Continent. Elle offre aux clubs de MLS une plus grande flexibilité dans le développement de leurs partenariats commerciaux.

Make MLS Great

Les partenaires commerciaux sont omniprésents dans le paysage footballistique de la MLS. Le « naming » est une pratique courante aux États-Unis. Elle consiste à associer le nom d’une entreprise à une enceinte sportive. Par exemple, le Mercedes-Benz Stadium à Atlanta. D’autres stades concernés sont le Toyota Stadium à Dallas, l’Audi Field à Washington, le Gillette Stadium à Foxborough et le PayPal Park à San Jose. Cette stratégie offre une visibilité accrue aux marques. Elle fournit également des ressources financières aux équipes sportives.

L’implantation directe de ces partenaires commerciaux dans la MLS génère des revenus importants, favorisant le développement rapide des franchises. Les infrastructures, qu’il s’agisse des centres d’entraînement à la pointe de la technologie ou des stades modernes, sont de très grande qualité.

La MLS est donc financièrement solide. Cinq franchises de la Major League Soccer (MLS) ont désormais une valorisation supérieure à 1 milliard de dollars. Los Angeles FC (LAFC) est en tête avec 1,25 milliard de dollars, suivi d’Inter Miami à 1,2 milliard. Les autres clubs concernés sont Los Angeles Galaxy (1 milliard), Atlanta United (975 millions) et New York City FC (875 millions). La valorisation moyenne d’une franchise atteint ainsi 690 millions de dollars, reflétant la croissance économique de la ligue.

Les Avengers de demain ?

La Major League Soccer a une économie solide. Des projets d’expansion sont en cours. Sous la direction de Dan Garber, la ligue se développe. Elle a les moyens de devenir incontournable.

Cette croissance remarquable s’explique en grande partie par les événements majeurs à venir aux États-Unis. Parmi eux, le nouveau Mondial des Clubs en 2025. Suivront la Coupe du Monde en 2026, co-organisée avec le Canada et le Mexique. Enfin, le Mondial féminin en 2027. Le monde est prévenu… Il faudra désormais compter avec Captain America !

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