Alexis Kabamba arrive à Versailles après un parcours déjà riche : Reims, Marseille, Gazelec Ajaccio et l’Euro U17. Entre souvenirs et objectifs, il se confie sur son évolution.
Tu viens de rejoindre le FC Versailles il y a quelques semaines après ton départ du Gazelec Ajaccio. Comment s’est concrétisé ce transfert ?
Le transfert s’est fait après que Salomon, le directeur sportif du club, soit venu me voir jouer lors d’un match en région parisienne début décembre. On s’était imposés 3-2 et j’avais délivré deux passes décisives, ce qui m’a permis de me mettre en valeur. Suite à ça, j’ai eu un premier échange téléphonique avec mes agents, puis j’ai reçu une proposition quelques jours plus tard.
Tu terminais la première partie de saison avec 7 passes décisives et un but, donc sur une belle lancée. Est-ce que partir à ce moment-là, c’était un risque assumé ou justement une opportunité qu’il fallait saisir ?
C’est sûr que les statistiques reflètent un bon début de saison mais je pense que l’impact dans le jeu est tout aussi important, donc j’essayais surtout d’aider l’équipe au maximum. Quand l’opportunité s’est présentée, je n’ai pas hésité longtemps : jouer deux divisions au-dessus, ça ne se refuse pas, surtout avec un projet ambitieux comme celui de Versailles.
Concrètement, depuis que tu es arrivé à Versailles, qu’est-ce qui change ? Les ambitions, le projet, l’effectif autour de toi ?
Honnêtement, tout a changé… à commencer par le beau temps ahah.
Plus sérieusement, quand on vient d’un club comme le GFCA, qui est un club mythique mais en reconstruction dans les divisions inférieures, c’est forcément différent de rejoindre un club comme Versailles. Même si, selon moi, le Gazélec reste l’un des clubs les plus professionnels en termes d’infrastructures et de rythme d’entraînement.
Au niveau des ambitions, je pense que ça ne change pas vraiment : peu importe l’équipe, quand on joue au football, on veut toujours gagner et atteindre les objectifs fixés par le club.
Concernant l’effectif, j’arrive dans un groupe un peu plus âgé, avec davantage d’expérience. Je suis le plus jeune mais ça ne me perturbe pas du tout.
« Quand tu es avec les pros, tu n’as pas le droit à l’erreur »
Tu n’as que 20 ans et pourtant tu en es déjà à ton quatrième club. C’est rare à ton âge. Comment tu expliques ça et est-ce que cette mobilité t’a construit, tant sur le plan humain que sportif ?
C’est vrai qu’à mon âge, la plupart des joueurs sortent à peine de leur club formateur, ou y sont encore. De mon côté, être passé par différents clubs comme Marseille ou Ajaccio après ma formation à Reims m’a beaucoup apporté.
Ça m’a permis de progresser sur plusieurs aspects, notamment sur le plan mental et tactique, en m’adaptant à différents styles de jeu et aux attentes de plusieurs coachs. Le fait de changer de groupe aussi régulièrement m’a appris à m’intégrer rapidement et à m’adapter, que ce soit sur le terrain ou en dehors.
Aujourd’hui, je considère que c’est une vraie expérience que j’ai acquise et qui me sert au quotidien.
Qu’est-ce que tu retires de chacune de ces expériences ? Il y a des choses que tu n’aurais pas apprises autrement ?
Je pense que chaque expérience est bonne à prendre, que ça se soit bien ou moins bien passé, il y a toujours du positif à en tirer.
À Marseille, j’ai beaucoup appris sur le plan tactique, notamment dans l’intelligence de jeu mais aussi sur l’exigence technique au quotidien. À Ajaccio, ça m’a surtout appris à travailler pour moi en dehors des entraînements et à garder de la rigueur, même dans un contexte de National 3.
Ce sont des choses que je n’aurais sûrement pas développées de la même manière sans ces expériences.
Et pour cette fin de saison, quels sont tes objectifs, personnellement et collectivement avec Versailles ?
L’objectif de fin de saison, c’est avant tout de remplir tous les objectifs fixés par le club en début d’année. Et tout ce qui viendra en plus sera du bonus, on ne sait jamais jusqu’où ça peut nous emmener.
Personnellement, je veux continuer à prendre du plaisir dans mon travail et aider l’équipe au maximum, sur le terrain comme en dehors.
Tu as passé deux ans à l’OM, c’est quand même un club à part. Au quotidien, qu’est-ce qui frappe quand tu arrives dans un environnement comme ça ? La pression, les installations, l’intensité ?
Honnêtement, l’atmosphère est particulière mais pas forcément choquante. Les gens là-bas sont de vrais passionnés de leur club et leur humeur dépend beaucoup des résultats de l’OM, donc il faut savoir faire avec.
Au niveau des infrastructures, c’est vraiment impressionnant. Le bâtiment des pros, surtout quand on avait l’occasion de monter s’entraîner avec eux, donnait presque envie de ne plus le quitter.
Côtoyer des joueurs de très haut niveau tous les jours, en quoi ça t’a fait grandir concrètement ?
C’est vrai que la première fois que tu t’entraînes avec le groupe pro, ça fait quelque chose. D’habitude, tu vois ces joueurs à la télé, donc forcément ça marque.
Mais dès que l’entraînement commence, tout ça disparaît. On est tous des joueurs, et tu te concentres uniquement sur ta séance.
Ça te fait grandir très vite, parce qu’à ce niveau-là, tu n’as pas le droit à l’erreur. Un contrôle raté de quelques centimètres et tu es tout de suite en difficulté. Ça demande une concentration maximale, tout en restant relâché pour pouvoir exprimer ton jeu.
Au final, ça te rend plus mature et plus exigeant dans tout ce que tu fais sur le terrain.
Est-ce que tu aurais voulu avoir tes premières minutes en professionnel avec l’OM ? Tu y as pensé ?
Évidemment, je pense que l’objectif de tout joueur, c’est de jouer avec l’équipe première et d’y performer. Donc oui, j’y ai forcément pensé.
Je me souviens notamment du 32e de finale de Coupe de France contre Thionville. Ce jour-là, je me suis vraiment dit que ça pouvait être le moment, surtout que j’étais le seul attaquant sur le banc. Mais le scénario du match n’a pas facilité une entrée.
« Même en baskets, il mettait des lucarnes ! »
Tu as eu plusieurs coachs à l’OM, notamment un grand nom : Jean Pierre Papin. Est-ce qu’il y en a un qui t’a particulièrement marqué ou influencé dans ta façon de jouer ? Et que retiens-tu de Jean-Pierre Papin, sa façon de coacher et cela fait quoi de se faire coacher par un grand nom comme celui-ci ?
C’est incroyable de se faire coacher par une légende du football français, surtout en tant qu’attaquant. Ce qui m’a le plus marqué chez Jean-Pierre Papin, c’est son calme, peu importe la situation dans le match, qu’on soit mené ou qu’on mène. Et surtout, son côté humain avec les joueurs.
Pour les attaquants, il imposait toujours un travail spécifique offensif à la fin de la séance, avec ou sans gardien, pour répéter les gestes et les frappes. Ce qu’on retenait, c’est sa minutie : même en baskets, il arrivait à mettre des lucarnes !
Et au niveau des joueurs, que ce soit avec la Pro 2 ou au contact du groupe pro, il y a des noms où tu t’es dit « ah, lui c’est un autre niveau » ?
Au niveau du groupe pro, il y a vraiment des joueurs où tu te dis « là, c’est un autre monde ». Pour moi, c’était notamment Aubameyang, Amine Harit et Pape Gueye. Quand ils jouent, tu sens tout de suite qu’ils sont dans un autre monde, ils ne jouent pas avec nous.
En 2022, tu remportes l’Euro U17 avec les Bleus. C’est le genre d’expérience qui marque une carrière, qu’est-ce que tu en retiens aujourd’hui ?
C’est sûr que vivre ce genre d’expérience à 17 ans, c’est incroyable. J’en retiens énormément de positif, évidemment parce qu’on a gagné mais aussi parce que c’était ma première vraie expérience proche du niveau professionnel.
Vous étiez une génération avec des joueurs qui explosent maintenant : Doué, Zaïre-Emery, Mamadou Sarr… À l’époque, tu sentais déjà qu’il y une différence avec ces joueurs-là ?
C’est sûr que quand on voit leurs carrières aujourd’hui, il n’y a aucun doute sur la qualité qu’ils avaient déjà, même jeunes. Leur technique est remarquable mais ce qui impressionne le plus, c’est la maturité dans leur façon de jouer.
Si tu devais en citer un qui t’avait vraiment impressionné à ce moment-là, qui est-ce et pourquoi ?
Ceux qui m’avaient le plus impressionné à l’époque, je dirais Valentin Atangana, Désiré Doué et El Chadaille Bitshiabu.
Au niveau international, quelles sont tes ambitions pour la suite ?
La sélection, je la vois avant tout comme une récompense pour le travail accompli en club. Étant Français, je suis évidemment sélectionnable mais ça passe d’abord par la performance au quotidien avec mon équipe. Après, on verra ce que l’avenir me réserve.
À lire également : Luca Reggiani, le prospect italien du Borussia Dortmund
En savoir plus sur les joueurs
FAQ sur le joueur
- Quel âge a Alexis Kabamba ?
Alexis Kabamba a 20 ans. Sa date de naissance est le 2005-10-15. - À quel poste joue Alexis Kabamba ?
Alexis Kabamba évolue principalement comme Ailier droit. - Dans quel club de foot joue Alexis Kabamba ?
Alexis Kabamba joue actuellement au FC Versailles 78.

Alexis Kabamba