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Montpellier HSC : une saison en enfer

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Le Montpellier HSC, entre crises, polémiques et résultats désastreux, fonce vers la relégation lors d’une saison qui devait être mémorable.

Cette saison avait tout d’une année de fête, avec la célébration des 50 ans de la présidence par le clan Nicollin, d’abord avec Loulou (Louis Nicollin) puis avec son fils, Laurent, président depuis 2017. Pourtant, les choses ont pris une tournure assez déroutante. Dès le mois d’août, dans un contexte de crise des droits TV du championnat, le président Nicollin se fendait d’une déclaration frôlant l’indécence, invitant les français à se priver d’un restaurant par mois pour se payer l’abonnement DAZN.

Comme si le suiveur moyen de notre Ligue 1 pouvait se permettre d’aller au restaurant chaque mois. Il avait rétropédalé quelques mois plus tard : « ce n’était pas très bon, c’était même très con, très nul de répondre ça« , concédait-il lors d’une interview au Midi-Libre en février dernier.

Très vite, la bande à Der Zakarian va être dépassée en championnat. Une seule victoire sur les huit premiers matchs, une débâcle 5-0 contre l’OM de De Zerbi, Michel Der Zakarian est ainsi limogé, à la mi-octobre. L’expérience des deux vieux briscards Jean-Louis Gasset et Ghislain Printant laissaient entrevoir des chances de maintien alors que le MHSC végétait déjà en dernière place du championnat.

Des leaders absents

À l’image du Stade de Reims, les Héraultais pouvaient compter sur la Coupe de France pour sortir la tête de l’eau. 32es de finale, les joueurs de Gasset se déplaçaient au Puy, club de National 2, nouvelle déconvenue 4-0. En plus du caractère honteux de ce revers, ce match aura été marqué par une déclaration non pas moins honteuse de Téji Savanier. Interpellé par un supporter adverse « dernier de Ligue 1, ça fait mal ? » Le meneur de jeu rétorque, de la pire des manières « quand tu touches 210 000€ par mois, non. » Nouveau caillou dans la chaussure pour le club, à nouveau dans l’embarras. Une statistique vient également souligner la saison cataclysmique du natif de Montpellier. Avec 245 passes ratées depuis le début de saison, il est le pire joueur de Ligue 1 dans ce domaine.

Heureusement, Gasset a pu se réjouir, cet hiver, de l’arrivée ou plutôt du retour d’Andy Delort prêté par le MC Alger. Aucun pion en 433 minutes disputées. Si l’Algérien a fait son retour en Occitanie, c’est aussi faute d’avoir concrétisé la piste Wissam Ben Yedder, sans club depuis son départ de Monaco. Et pour cause, l’international français a été condamné en novembre 2024 à deux ans de prison avec sursis pour agression sexuelle en état d’ivresse. Le club a légitimement abandonné la piste.

Non pas pour des questions d’éthique ou de valeurs, il ne faut pas trop leur en demander. Ça ne collait juste pas sur le plan financier. Voici ce que déclarait l’entraîneur montpelliérain à ce sujet : « c’est ce type de joueur que l’on ambitionne pour Montpellier. Un joueur confirmé, qui est un buteur. […] Il y en a d’autres, mais pour cela, il faut qu’on vende des joueurs. Je l’ai toujours dit, on prendra là où on vendra. » Énième polémique.

Au bord du gouffre

Si l’on a cru au rebond montpelliérain début janvier lorsqu’ils battaient consécutivement Monaco et Toulouse. L’espoir aura été de courte durée. Depuis, c’est six défaites en autant de matchs. Quinze buts encaissés pour un but marqué sur cette même période.

Même si l’écart avec Le Havre, actuellement barragiste, n’est que de six points, les motifs d’espoirs sont rares. Car oui, le Montpellier Hérault Sport Club, de Giroud, Jourdren, Bellandha, Cabella, Stambouli et de René Girard évidemment, encore champion de France en 2012, évoluera, probablement, en deuxième division l’an prochain. Au-delà de toutes ces préoccupations sportives, les difficultés financières s’accumulent.

Challenges révélait fin février que Laurent Niccolin cherchait des partenaires financiers pour se désengager en partie du club. Voici la réaction du principal intéressé : « non, non, non, on ne souhaite pas vendre totalement le club. On cherche des partenaires pour préparer l’année prochaine. Il faut que notre chute soit moins douloureuse en fin d’année. » Et dans le football, beaucoup de clubs peuvent en témoigner, l’important, ce n’est pas la chute mais l’atterrissage.

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