Téo Decker, entraîneur des gardiens et analyste vidéo, dévoile les clés du parcours exceptionnel de Bourgoin-Jallieu en Coupe de France. Préparation minutieuse et respect des adversaires ont été essentiels pour atteindre les huitièmes de finale. Téo Decker nous parle de son métier et des coulisses de la préparation de cette séance historique.
Comment expliquez-vous ce parcours exceptionnel en Coupe de France cette année ?
Nous avons respecté tous les adversaires rencontrés depuis le début de la compétition. Nous avons commencé face à des équipes de district, puis régionales, avant d’affronter Martigues et Lyon. On a pris chaque match au sérieux et je pense que c’est cette approche qui nous a menés jusqu’ici. Nous avions une véritable mentalité de compétiteurs. Le club n’avait jamais atteint les 32es de finale et c’était vraiment notre objectif cette année.
Votre gardien a été décisif lors de la séance de pénaltys contre Lyon. Pouvez-vous nous parler de sa préparation spécifique pour ce type de situations ?
Avec l’autre analyste vidéo, Romaric Porcheron, nous avons minutieusement étudié tous les penaltys des joueurs lyonnais présents dans le groupe, soit 17 joueurs et 3 gardiens. Nous avons établi des statistiques et analyses sur les circonstances des tirs : s’ils avaient lieu en cours de match, si le match était déjà décidé ou non. Toutes ces données ont été utilisées pour créer des statistiques sur les zones de tir en fonction de différentes situations. Cela nous a permis de déterminer où les penaltys avaient le plus de chances d’être tirés, afin que le gardien sache où plonger lors de la séance.
Pensez-vous que les clubs amateurs se préparent mieux aux pénaltys en Coupe de France que ceux des divisions supérieures ?
Je ne pense pas, car dès qu’on participe à la Coupe de France, on sait que ce genre de situation peut se présenter. Si j’étais un club de Ligue 1, je raisonnerais de la même manière mais dans l’autre sens. Si, au moment crucial, nous n’avons aucune donnée à exploiter et que nous nous en remettons au hasard, cela réduit nos chances face à l’adversaire.
Quelles sont les qualités principales que vous travaillez avec vos gardiens pour qu’ils soient performants lors des pénaltys ?
Nous ne travaillons pas spécifiquement cet aspect à l’entraînement. En revanche, il faut de la coordination entre le tireur et le gardien, de la concentration, une bonne poussée pour aller chercher les ballons sur les côtés et un peu de réflexes également.
« Le jeu au pied devient essentiel pour les gardiens »
Les pénaltys, c’est vraiment de la loterie ou la préparation fait-elle la différence ?
Jamais de la vie. Je pense que le football, en général, vise à minimiser au maximum le rôle du hasard, et la séance de penaltys en fait partie. J’en suis intimement convaincu, car sinon, tout le football serait une question de chance, et il n’y aurait plus de préparation si c’était uniquement une loterie.
Le rôle d’un entraîneur des gardiens est souvent méconnu. Pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste votre travail au quotidien ?
Je suis entraîneur des gardiens et analyste vidéo. Mon rôle est de préparer les gardiens pour les séances d’entraînement et les matchs à venir le week-end. Au-delà de l’aspect technique et physique, mon objectif est de m’assurer que les gardiens soient prêts pour les rencontres à venir. Le temps de préparation varie en fonction des entraînements, mais l’essentiel de mon travail consiste à les préparer aux différentes situations qu’ils pourraient rencontrer en match, afin qu’ils soient prêts le jour J.
Comment travaillez-vous avec le staff technique pour la concurrence entre les gardiens ?
Une hiérarchie a été établie au début de la saison, mais je prépare les deux gardiens de la même manière. Aujourd’hui, c’est l’un qui joue mais demain, cela pourrait être l’autre en raison d’une expulsion ou d’une blessure. Donc, malgré la hiérarchie, je veille à ce que les deux soient prêts de la même façon. Le football est imprévisible, et tout peut arriver.
Le poste de gardien a beaucoup évolué ces dernières années, notamment avec l’importance du jeu au pied. Comment adaptez-vous vos entraînements à ces nouvelles exigences ?
Oui, nous travaillons toujours un peu le jeu au pied de manière spécifique. Ensuite, pendant les exercices, les gardiens participent également avec leurs pieds. J’ai la chance d’avoir deux gardiens qui sont bons dans ce domaine. Nous ajustons toujours notre travail en fonction de ce que nous pourrions rencontrer le week-end : s’ils seront sous pression, s’ils devront jouer court ou long. Je prépare donc mes séances en fonction du match à venir, car cela est essentiel dans notre projet de jeu.
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