Du maillot de l’équipe de France à celui du Sénégal, Bingourou Kamara, capitaine du Pau FC, nous parle de son parcours et de son rôle.
Vous avez porté le maillot de l’équipe de France en U19, U20 et U21 avant de rejoindre la sélection sénégalaise. Pouvez-vous nous parler de cette transition ?
J’ai eu l’occasion de jouer dans les sélections jeunes de l’équipe de France. La transition s’est faite naturellement et rapidement. Avant cela, j’avais déjà exprimé mon désir de rejoindre le Sénégal, mais j’avais décidé d’attendre un peu, je ne me souviens plus trop pourquoi. Finalement, j’ai fait la transition en 2020.
Comment s’est passée ton intégration ?
J’ai eu un très bel accueil. Tous les joueurs sont accueillis chaleureusement, que ce soit par Sadio Mané, Kalidou Koulibaly, Édouard Mendy, qui sont non seulement des grands professionnels mais aussi de grandes personnes. C’est un groupe avec beaucoup de valeurs.
J’ai eu l’occasion de jouer quelques matchs et de vivre de grands moments, comme le match contre l’Égypte, aussi bien à l’extérieur qu’à domicile. C’est une expérience gratifiante qui n’apporte que du positif.
Avez-vous encore des ambitions avec le Sénégal ?
Je pense que les deux vont de pair. Pour être appelé en sélection, il faut d’abord être performant en club.
Évidemment, c’est l’un de mes objectifs. Après, cela ne dépend pas de moi. Je me concentre simplement sur mes performances et je donne le maximum pour être à la hauteur.
Vous avez remporté la Coupe de la Ligue avec Strasbourg en 2019. Que représente ce titre pour vous dans votre carrière ?
C’était le graal. Quand j’ai débuté ma carrière, j’espérais remporter un titre, sachant à quel point c’est difficile, surtout en France avec la domination du PSG.
C’était une immense fierté, d’autant plus que ma famille et mes amis étaient présents ce jour-là. J’ai eu l’impression de cocher une case importante dans ma carrière. Beaucoup de grands joueurs n’ont jamais eu la chance de soulever un trophée, alors ce moment restera vraiment spécial pour moi.
Avez-vous réellement espéré vous imposer à Strasbourg ?
Je ne suis pas quelqu’un qui vit avec beaucoup de regrets mais j’aurais aimé que mon passage à Strasbourg se passe mieux. C’est un club où tout est réuni pour réussir, avec un stade plein chaque week-end.
Je ne le considère pas comme un regret mais j’aurais aimé être plus performant. Après, c’est aussi de ma responsabilité : je n’ai pas su répondre présent dans les moments où j’aurais dû l’être.
Ensuite, vous avez rejoint Montpellier, où vous avez disputé plusieurs matchs en Ligue 1. Comment avez-vous vécu la concurrence à ce poste si particulier de gardien de but ?
J’étais censé être deuxième gardien mais j’ai pu profiter de certaines absences pour avoir du temps de jeu.
J’ai beaucoup aimé mon passage à Montpellier où j’ai découvert un club familial avec une mentalité différente. Même si nous avons traversé des difficultés en championnat, nous avons réussi à faire le job. C’était une belle expérience mais elle a surtout renforcé mon envie de jouer davantage. C’est pour cette raison que j’ai choisi de rejoindre Pau.
« Je souhaite à Montpellier de se relever »
Aujourd’hui, Montpellier traverse une période compliquée en Ligue 1. Quel est votre regard sur la situation du club ?
Je regarde souvent Montpellier et j’ai eu le président au téléphone à plusieurs reprises cette saison. C’est difficile à voir car je connais bien les personnes au sein du club, ainsi que les joueurs et je sais qu’ils ne méritent pas cette situation. Mais le football peut être aussi beau que cruel.
Tout ce que je leur souhaite, c’est de se relever, même en cas de descente et de repartir sur de bonnes bases, car c’est un club qui le mérite.
En Ligue 1 et dans votre carrière, quel attaquant vous a le plus posé de problèmes ? Y a-t-il un joueur qui vous a particulièrement impressionné ?
Andy Delort. J’ai joué avec lui à Tours et je sais que c’est un attaquant très difficile à affronter. Il est petit, complet, frappe fort et ne lâche rien physiquement.
Sinon, je dirais Sadio Mané. C’est l’un des meilleurs à son poste. Devant le but, c’est un tueur, un joueur ultra-complet et ce genre de profil est toujours très compliqué à gérer. Donc, si je devais citer deux joueurs, ce serait eux.
Depuis votre arrivée à Pau à l’été 2023, vous êtes devenu capitaine. Comment abordez-vous ce rôle de leader au sein de l’équipe ?
Je savais que j’avais déjà un rôle important dans l’équipe l’année dernière. Le brassard ne fait que renforcer ce leadership que je dois assumer. Nous avons une équipe jeune, donc il est essentiel d’être un joueur sur qui l’on peut compter.
Heureusement, nous avons aussi plusieurs leaders et des joueurs d’expérience dans le groupe. Avant les matchs, j’aime me mettre dans ma bulle, tandis que d’autres prennent la parole dans le vestiaire. C’est une forme de reconnaissance, cela montre que l’équipe et le coach ont confiance en moi. Ça fait plaisir et surtout, ça motive à donner le meilleur sur le terrain.
Comment jugez-vous la saison du Pau FC jusqu’à présent ? Quels sont les objectifs du club pour la fin de saison ?
Nos objectifs sont de nous maintenir le plus rapidement possible. Il nous manque encore quelques points pour y parvenir. Notre saison a été marquée par des hauts et des bas. Elle n’est pas si mauvaise que ça mais nous avons manqué certaines opportunités qui auraient pu nous permettre de vivre une toute autre saison.
Cela dit, compte tenu du fait que nous sommes une jeune et nouvelle équipe, ce n’est pas si mal. Les jeunes ont montré de belles choses et je pense que notre saison est correcte. Nous restons dans les objectifs du club, ce qui est forcément positif. Il nous manque encore quelques points mais on y arrivera.
Comment voyez-vous l’évolution du club à moyen terme ?
Je pense que Pau peut se fixer des objectifs mais pas à moyen terme. Viser la montée en Ligue 1 lorsqu’on évolue en Ligue 2 est un projet qui se construit sur plusieurs saisons. Prenons l’exemple du Paris FC : cela fait plusieurs années qu’ils tentent d’accéder à l’élite. Il y a aussi certaines équipes qui font l’ascenseur, redescendent et essaient de remonter immédiatement.
Les matchs sont très disputés et avec un petit budget, il est difficile d’affirmer que l’on joue la montée. Cependant, rien n’est impossible, c’est toute la magie du football. C’est un objectif atteignable mais qui doit être construit sur le long terme.
Votre contrat avec le Pau FC se termine en juin 2025. Comment envisagez-vous la suite de votre carrière ? Une prolongation à Pau est-elle une option, ou avez-vous d’autres ambitions en tête ?
Je laisse mon conseiller gérer cela, que ce soit avec Pau ou avec les autres clubs qui s’intéressent à moi. Pour ma part, je suis totalement concentré sur le terrain. Chaque chose en son temps et pour l’instant, mon focus est uniquement sur le jeu.
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