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Jessy Deminguet : « La Ligue 2, un championnat en pleine évolution »

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De Caen à Metz, Jessy Deminguet partage les moments forts de sa carrière et son ambition de Ligue 1.

Replongeons un peu dans votre enfance. D’où vous vient cette passion pour le football ? Y a-t-il eu un match, un joueur ou un moment précis qui vous a fait tomber amoureux de ce sport ?

Cette passion vient de mon papa, qui a joué au football toute sa vie. Il nous emmenait au bord des stades pour taper dans le ballon.

À quel moment avez-vous réalisé que vous pouviez en faire votre métier ? Était-ce un rêve d’enfant ou quelque chose qui s’est imposé petit à petit ?

Forcément, ça part d’un rêve d’enfant. Mais c’est vraiment vers mes 17 ans que j’ai commencé à y croire. Après avoir vu un match du Stade Malherbe de Caen, je me suis dit que cela pouvait devenir possible.

Avez-vous toujours évolué au milieu de terrain ou avez-vous joué à d’autres postes plus jeune ? Et quel entraîneur a décidé de vous installer définitivement dans ce rôle ?

J’ai été formé quasiment toute ma jeunesse au milieu de terrain. Le premier coach que j’ai eu, Patrice Garande, m’a fait débuter quelques matchs excentré à gauche, avant de me repositionner au milieu.

« Mon aventure à Caen ne s’est pas terminée comme je l’aurais aimé »

Votre formation à Caen a été une étape clé de votre parcours. Quels souvenirs marquants en gardez-vous, tant sur le terrain qu’en dehors ?

J’ai passé 15 ans de ma vie à Caen, ce qui est énorme aujourd’hui pour un joueur de foot. J’en garde de très bons souvenirs. Ensuite, je suis parti de Caen mais pas comme je l’espérais car lors de mes six derniers mois, je n’ai pas pu jouer avec l’équipe première, étant donné que je n’étais pas vraiment en accord avec la direction. Cependant, je préfère retenir le positif : ma formation, les montées vécues avec ce club et je n’en garde que de bons souvenirs.

Au fil des années, vous avez côtoyé de nombreux joueurs, que ce soit à Caen ou ailleurs. Certains vous ont-ils particulièrement marqué, par leur talent ou leur leadership ?

Bien sûr, tout d’abord le capitaine emblématique, Nicolas Seube, un guerrier et un joueur polyvalent qui se donnait à 200%. Je me suis donc beaucoup inspiré de lui. Ensuite, j’ai connu Julien Féret, qui avait un rôle plus de leader technique, c’était un vrai plaisir d’évoluer à ses côtés. J’ai également croisé Brice Samba, un gardien pétri de talent qui est maintenant en équipe de France, ainsi que Alexander Djiku.

Un moment marquant de votre carrière reste ce ciseau acrobatique inscrit à Saint-Symphorien avec Caen. Sur le moment, avez-vous conscience de la beauté du geste ?

Je n’étais pas encore professionnel, j’étais stagiaire pro, donc je n’avais pas mon nom sur le maillot. C’était une sensation incroyable. Sur le moment, je ne réalisais pas trop ce qui se passait mais c’est après le match que j’ai compris, avec tous les messages et les appels que j’ai reçus. C’est un moment qui restera gravé dans ma carrière.

Vous avez connu la Ligue 1 avec Caen et Strasbourg, puis la Ligue 2 avec Metz. Quels sont selon vous, les plus grands écarts entre ces deux divisions ? 

La différence réside dans le niveau technique. La Ligue 1 est la plus complète des deux et la plus difficile. En termes de stades également, il y a des lieux incroyables comme le Vélodrome, Geoffroy-Guichard ou encore le Parc des Princes. De plus, la qualité des pelouses en Ligue 1 est impressionnante, avec de très beaux terrains.

Vous pensez qu’il y a eu une amélioration en Ligue 2 ces dernières années ?

Je sais qu’il y a beaucoup de personnes qui aiment suivre la Ligue 2. Le niveau de jeu s’est relevé, avec une plus grande compétitivité. Le championnat est souvent très serré, que ce soit en haut ou en bas du classement. Je pense qu’il devient de plus en plus attractif. Par exemple, avec le rachat récent du Paris FC. L’arrivée de jeunes talents et la montée en puissance des clubs qui jouent pour la montée en Ligue 1 renforcent aussi l’attractivité du championnat.

Aujourd’hui, Metz est en pleine lutte pour la montée avec Lorient et le Paris FC. Comment vivez-vous cette bataille au quotidien ?

On sait que les premières places vont être difficiles à atteindre. Ce week-end, par exemple, on affronte Guingamp, ce qui va être une bataille rude. C’est une lutte acharnée mais de notre côté, on essaie de se détacher de cette pression et de se concentrer sur notre travail, en restant dans notre bulle.

« Patrice Garande est le coach qui m’a le plus marqué »

Pendant ce temps, votre club formateur, le SM Caen, traverse une saison très compliquée et occupe la dernière place de Ligue 2. Quel regard portez-vous sur cette situation ?

Je suis forcément leurs résultats. Ce n’est jamais facile, il y a des périodes difficiles et ils traversent justement l’une de ces phases. Ce sont des moments compliqués mais il faut essayer de rester unis, de se concentrer sur soi-même et de ne penser qu’aux terrains.

Au fil de votre carrière, vous avez évolué sous les ordres de plusieurs entraîneurs comme Stéphane Moulin, Pascal Dupraz, Julien Stéphan, Frédéric Antonetti ou encore Patrick Vieira. Lequel vous a le plus marqué ?

Il y en a eu beaucoup. Le premier qui me vient à l’esprit est monsieur Patrice Garande, qui m’a fait confiance même si j’étais jeune. Il faut aussi que je mentionne Stéphane Moulin, avec qui j’ai réalisé ma meilleure saison et qui m’a beaucoup apporté, tant sur le plan humain que dans mon rôle au sein de l’équipe. Roland Courbis, que j’ai eu pendant six mois à Caen, m’a également beaucoup aidé. Et bien sûr, Patrick Vieira, un grand monsieur qu’on connaît tous pour sa carrière. J’ai essayé de m’inspirer de lui. Sur le terrain, il nous donnait de nombreux conseils, notamment à travers des vidéos avec les milieux de terrain. Il avait un regard particulier pour nous, que ce soit à l’entraînement ou en match.

En tant que milieu de terrain, vous avez affronté de nombreux adversaires. Quels ont été les plus redoutables pour vous ?

Marco Verratti, c’est lui qui m’a vraiment impressionné. Il est techniquement au-dessus de beaucoup de joueurs, avec une sérénité incroyable. J’aime aussi beaucoup Teji Savanier, qui pour moi est un milieu très technique avec une frappe exceptionnelle. Et je pense aussi à Adrien Rabiot, qui était à Paris à l’époque. 

Si le FC Metz accède à la Ligue 1, vous verrez-vous prolonger l’aventure ici au-delà de votre prêt ?

C’est un peu l’idée. Il s’agit d’un prêt avec une option d’achat qui sera activée si je monte avec le FC Metz.

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